Ile Maurice des tortues géantes au secours de la forêt

first_imgIle Maurice : des tortues géantes au secours de la forêt En 2000, des tortues géantes d’Aldabra ont été introduites dans la réserve de l’Ile aux Aigrettes sur l’Ile Maurice pour sauver la forêt d’ébène, victime de l’exploitation forestière. Une initiative qui s’est avérée très efficace selon les scientifiques.Gérée par la Mauritian Wildlife foundation, l’Ile aux Aigrettes est une réserve naturelle de l’Ile Maurice et un véritable sanctuaire pour de nombreux oiseaux en voie de disparition. Autrefois, cet îlot calcaire de 25 hectares était totalement recouvert par une épaisse forêt d’ébène qui a depuis été victime d’une intense exploitation forestière. Et bien que cette activité se soit arrêtée dès le début des années 1980, de grandes parcelles de l’île sont restées totalement dénudées. À lire aussiLes tamanoirs, des animaux plus dangereux qu’ils n’en ont l’airEn 2000, les scientifiques inquiétés par la situation ont décidé d’agir. Ils ont alors eu l’idée d’introduire sur l’île tropicale des tortues géantes d’Aldabra. Leur mission : manger les fruits des ébéniers afin de répandre leurs graines à l’aide de leur fécès et ainsi restaurer l’écologie de la forêt tropicale. Près de 10 ans plus tard, les tortues géantes qui peuvent mesurer plus d’1,2 mètre et peser 220 kilos, semblent avoir fait leur travail. Mieux encore, la stratégie a même été plus efficace que ce que les scientifiques pensaient à l’époque, expliquent-ils dans la revue Current Biology.”Nos résultats démontrent que l’introduction de ces efficaces “disperseurs de graines” aide au rétablissement de cet arbre en danger et dont les graines étaient auparavant dispersées de façon limitée”, indique Christine Griffiths de l’Université de Bristol au Royaume-Uni. Aujourd’hui, les chercheurs ont constaté que plusieurs des parcelles autrefois exploitées accueillent désormais de jeunes arbres en plein développement. De plus, les tortues auraient permis non seulement de disperser les graines mais aussi d’améliorer leur germination, grâce au passage à travers leur intestin.Une entraide entre les espècesOutre la restauration de la forêt, l’expérience a permis de souligner l’importance des interactions entre les espèces alors que les projets de restauration impliquent plus souvent les végétaux eux-mêmes. “Les interactions entre les espèces permettent de structurer les communautés écologiques et fournir des processus et fonctions essentiels à l’écosystème tels que la pollinisation ou la dissémination des graines qui sont nécessaires pour l’auto-régulation et la persistance des communautés”, a commenté le Pr Stephen Harris qui a participé à l’étude.Le 23 avril 2011 à 12:37 • Emmanuel Perrinlast_img

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